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Journée mondiale de prévention du suicide : 10 septembre

"Workung together to prevent suicide" c'est le slogan de cette année

Sur la journée mondiale de prévention du suicide 10 septembre: un impératif

Le suicide n'est pas une maladie. Néanmoins, il arrive, en règle générale, dans le contexte d'une maladie mentale, de crises psychosociales et/ou d'autres conditions de vie stressantes. Le suicide est sans aucun doute l'un des décès violents et est plusieurs fois plus fréquent en Suisse que les accidents mortels de la route. Il affecte également les survivants et les aides. Dans le cas du suicide, les personnes proches (les « survivants ») sont souvent accusées de ne pas avoir prévu ou empêché la crise et l'événement.

En 2014, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé à faire de la prévention du suicide un "impératif", car on connaît des méthodes efficaces permettant de réduire les taux de suicide. Il a donc demandé que des stratégies nationales soient élaborées pour mettre en pratique les évidences existantes. C'est dans ce contexte que s'inscrit le Plan d'action national suisse pour la prévention du suicide. Les éléments importants sont, d'une part, la prévention de l'accès aux moyens mortels, par exemple la protection contre la chute de ponts ou de bâtiments, par exemple à travers des filets, ou encore l'accès plus difficile aux armes.

Une deuxième partie importante concerne le système de santé : les maladies mentales doivent être repérées et traitées à temps. Une autre tâche importante est de prêter attention au débat public, en particulier à notre époque des médias digitales. Entre-temps, non seulement l'effet Werther (c'est-à-dire, une sorte de contagion), mais aussi un effet Papageno (à travers une information sur la bonne gestion de crises) est en discussion. Rendre compte des suicides en soi n'est pas mauvais, même nécessaire, il s'agit plutôt de la façon dont cela se passe.

En fait, la connaissance du suicide et de la prévention du suicide au sein du public est encore faible. Les "mythes", comme les appelle l'OMS, continuent à jouer un rôle important dans ce domaine. Ces problèmes sont persistants au sein de la population et doivent donc être traités d'urgence. Par exemple, il y a l'idée que les gens qui parlent du suicide ne sont pas sérieux à ce sujet ; il y a aussi l'opinion que le suicide ne peut pas être prévu de toute façon, donc il ne peut être évité ; un autre mythe est que quelqu'un qui veut se suicider le fera de toute façon à un moment donné ; l'erreur la plus fatale est peut-être qu'il pourrait être compris comme encourageant le suicide si nous en parlons - le contraire est vrai !

Depuis 2000, le taux de suicide - en particulier chez les hommes - a considérablement diminué en Suisse et dans toute l'Europe. Cependant, l'histoire et les données les plus récentes des États-Unis montrent que nous ne devons pas nous peser dans la sécurité : entre 1999 et 2016, les taux de suicide y ont augmenté de manière significative, 25 États américains affichant une augmentation de plus de 30 %. De plus de la moitié des suicidés  on n’était pas en mesure de savoir s'ils avaient une maladie mentale ou non. Il reste tant à faire!

L'Association pour la prévention du suicide dans le canton de Fribourg organise à nouveau une conférence lors de  la Journée mondiale de prévention du suicide, le 10 septembre (fr-preventionsuicide.ch

Le Forum sur la prévention du suicide aura lieu le 22 octobre 2018 à l'Institut Gottlieb Duttweiler à Rüschlikon (en allemand, ipsilon.ch).

 

Texte de Gabriela Stoppe et Patrick Haemmerle, comité Ipsilon, organisé par Réseau Santé Psychique Suisse
Le texte est aussi publié dans le
blog de la santé MNT

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